Duc d'Alençon

Armoiries dessinées par Jean-Claude, Collectif du Quartier Médiéval De France, à la bordure de gueules chargée de huit besants d'argent. Armoiries dessinées par Jean-Claude, Collectif du Quartier Médiéval
  Il est au côté de Jeanne d'Arc à : Jargeau, Meung, Beaugency, Patay, Reims, Paris.
 Né en 1409, Jean de Valois est le deuxième fils de Jean Ier le Sage, comte puis duc d'Alençon, tué à la bataille d'Azincourt en 1415. Il descend directement de Charles de Valois, frère de Philippe le Bel. Jean d'Alençon était ainsi l'un des plus proches cousins du roi de France et il est allié par sa mère au duc de Bretagne et au roi de Navarre. En 1428, son rang de plus proche parent du roi présent sur le territoire du royaume le faisait lieutenant-général commandant l'armée royale, du fait de la disgrâce du connétable  Arthur de Richemont. Mais il ne voulait pas combattre personnellement, en application du code d'honneur de la chevalerie tant qu'il n'avait pas achevé de payer la rançon dont il était redevable depuis sa capture à Verneuil, en 1424.
Jean d'Alençon rencontra Jeanne la Pucelle à Chinon, deux jours après son arrivée. Jeanne l'accueillit à bras ouverts, avec la célèbre formule : "Vous, soyez le très bien venu. Plus nombreux seront-ils ensemble du sang royal de France et mieux cela sera." Il est certain que les deux jeunes gens s'apprécièrent beaucoup. Jeanne appelait ce cousin du roi son "gentil duc" ou son "beau duc". Il prépara l'expédition militaire de secours à la ville d'Orléans mais il n'y participa pas. Ayant enfin achevé de payer sa rançon, il reprit la tête de l'armée qui se regroupait à Selles-sur-Cher au début de juin 1429. Il commanda aux batailles de Jargeau, Meung, Beaugency et Patay. A son départ, Jeanne avait promis à la jeune duchesse d'Alençon de lui rendre son époux "sain et sauf, dans l'état où il est, ou même meilleur". De fait, au siège de Jargeau, elle conseilla au duc de se retirer d'un lieu qui était pris sous le feu d'une machine de guerre ; c'est à cet endroit que le sire du Lude fut tué quelques instants après.
 Jean d'Alençon est l'un des six pairs laïcs au sacre et il adouba Charles VII le matin même car le roi, bien qu'âgé de vingt-six ans, n'était pas encore chevalier. Il était encore au côté de Jeanne lors du siège de Paris mais, après l'échec devant la capitale, il fut chargé de conduire une expédition en Normandie, et Charles VII interdit à la Pucelle de le suivre. Selon le chroniqueur de Jean d'Alençon, Perceval de Cagny, "[les conseillers du roi] ne voulurent jamais consentir, ni faire, ni souffrir que la Pucelle et le Duc fussent ensemble et depuis il ne l'a plus recouvrée".

La suite de la carrière du duc d'Alençon fut moins honorable. Il intrigua avec les Anglais et, le 24 mai 1456, il fut arrêté par Dunois. Il fut condamné à mort le 10 octobre 1458 pour crime de lèse-majesté. Gracié et emprisonné à Loches, il fut libéré par Louis XI qui était son filleul. Mais Jean d'Alençon ne s'assagit pas pour autant. Il trahit de nouveau son souverain, pour le compte de Charles le Téméraire. De nouveau, il fut condamné à mort, le 18 juillet 1474. De nouveau, il fut gracié. Il fut alors emprisonné au Louvre où il mourut deux années plus tard.


José Dailly