Jeanne de Flandres

Jeanne de Constantinople ( 1194 - 1244 ).
Armoiries dessinées par José, Collectif du Quartier Médiéval D'or au lion de sable armé et lampassé de gueules Armoiries dessinées par José, Collectif du Quartier Médiéval
Jeanne de Flandre, ou Jeanne de Constantinople, est comtesse de Flandre et de Hainaut de 1205 à 1244.

C'est la fille ainée de Baudouin de Flandre et de Hainaut.  En 1200, Baudouin de Flandre et de Hainaut se croise. Après avoir libéré Constantinople, il  est élu empereur  puis couronné premier empereur latin de Constantinople le 16 mai 1204. Il ne reviendra jamais et sa fille  hérite de la comté de Flandre.
La jeune femme, qui règne seule une partie de sa vie, eut à cœur de favoriser le développement économique des cités flamandes.

Elle fut également un soutien pour l’installation des ordres religieux, notamment féminins et pour la création d’hôpitaux, dont l’Hospice Comtesse à Lille. C’est son rôle politique majeur qui justifie le choix d’un sceau masculin. Il faut rappeler que le sceau, qui sert à authentifier un acte, est le témoin de l’inégalité des sexes au Moyen Âge. Les sceaux féminins sont en effet habituellement en forme d’amande et représentent le personnage en pied (type pédestre). Le nom de la femme est le plus souvent accompagné de celui de son père ou de son mari. Jeanne de Flandre, en s’arrogeant un type de sceau réservé aux hommes, met en avant son pouvoir militaire et temporel (civil), symbolisé par le cheval et le faucon qu’elle tient de la main gauche. À la tête du comté, elle s’affirme comme étant l’égale de ses pairs masculins !
            

Le contre-sceau est l’empreinte apposée au dos du sceau principal. Il comprend ici la devise « SECRETUM MEUM MIHI », « Ce secret est le mien », formule courante qui sert à marquer le rôle du sceau. Le contre-sceau est dit armorié car il porte les armes de Flandre (un lion dans un écu).

Armoiries diffamées:


Après la mort de Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut,  Marguerite sa sœur cadette est devenue à la fois comtesse de Flandre et comtesse de Hainaut. D'abord mariée à Bouchard d'Avesnes, dont elle a deux enfants, Marguerite est remariée à Guillaume II de Dampierre. Elle désigne comme héritier Guillaume III de Dampierre, né de son second mariage. Les années qui suivirent furent ensanglantées par plusieurs conflits, entre les descendants de Marguerite. Finalement, l'arbitrage de Saint-Louis accorda en 1246 le comté de Hainaut aux d'Avesnes, et le comté de Flandre aux Dampierre.
 On prétend que Jean d’Avesnes, mécontent de sa part d'héritage aurait injurié sa mère, Marguerite de Constantinople, en présence du roi de France Louis IX. Le roi se serait alors écrié : « Quiconque terni de sa bouche l’honneur de celle qui lui a donné le jour, mérite d’être privé de ses armes et de sa langue » et il aurait condamné Jean d’Avesnes à supprimer les griffes et la langue du lion de Flandre qu’il portait dans ses armes. Cette brisure déshonorante en fit ce qu’on appelle en héraldique un lion morné.
José Dailly