Pierre de Giac

Armoiries dessinées par Ana, école Saint Joseph de Parthenay, atelier du Patrimoine d'or à une bande d'azur accompagnée de six merlettes de sable rangées en orle Armoiries dessinées par Ana, école Saint Joseph de Parthenay, atelier du Patrimoine
La merlette est un meuble des armoiries, représentant un petit oiseau sans bec ni pattes. 
Il symbolise l'ennemi tué ou fait prisonnier sur le champ de bataille. Le nombre de merlettes est en proportion du nombre de combattants neutralisés. Puisque les combattants se sont battus « bec et ongles », pour le plus grand mérite des vainqueurs, on les représente sans bec ni pattes pour bien montrer qu'ils sont maintenant inoffensifs.


Le chevalier et seigneur Pierre II de Giac ( vers 1380 - 1427 ), favori du roi Charles VII, est nommé maître des finances puis chef du conseil.
 Pour vivre avec sa maîtresse, Il va se séparer de son épouse enceinte: Pierre de Giac lui fait boire un vin capiteux qui est, sans qu’elle s’en doute, doublé d’un poison. A la fin du repas, la jeune femme se sent mal, elle est prise de vertiges, le sire de Giac se lève alors et la traine, sans ménagement, jusqu’aux écuries. Il enfourche son destrier, jette son épouse, enceinte, sur l’encolure de son cheval, et part au grand galop sur ses terres qui environnent son château. La malheureuse se débat, crie, hurle de douleur. Le sire de Giac n’arrêtera son galop infernal que quand la jeune femme cessera de vivre.

  Giac a largement profité de sa position pour s'enrichir, en détournant l'argent qui était destiné à financer les troupes qui combattaient pour le roi. Accusé par Arthur de Richemont, pris à la gorge, il monta sur ses grands chevaux et voulu laver son honneur dans un duel avec de Richemont. Arthur de Richemont le regardant avec dédain lui dit tout de net, qu'il se trompait d'adresse car il n'y avait qu'un le seul homme habilité à relever son gant, c'était le bourreau.
En 1427, il est arrêté à Issouduni, sur ordre du connétable Arthur de Richemont et de Yolande d'Aragon. Il est rapidement conduit dans les prisons de Dun-le-Roi et suite à un procès sommaire, il est condamné ... Giac fut jeté au cachot du castel et enferré. Pendant trois jours il ne vit et entendit âme qui vive.
 C'est au matin du quatrième jour que la lourde porte grinça sur ses gonds pour laisser entrer un moine qui se devait de dire la sentence et l'entendre en confession. Il était suivi de deux hommes tout de rouge vêtus, tenant en leurs mains cordage et glaives. A cette vue, le sang de Giac se glaça.
 Il réclama encore à être mené au dauphin, mais ses supplications n'y firent rien. Arthur de Richemont n'admettait aucune autre justice que la sienne sur ses terres et pour qu'il en fût ainsi, c'était lui qui avait dépêché de Bourges à Dun, les deux bourreaux qui suivaient le religieux. Le moine lui lu la sentence de mort qu’avait prononcé le bailli de Dun, messire Etienne de Toussy. Les deux bourreaux s’éloignèrent le temps de la confession du condamné qui fut fort longue et entrecoupée de cris d’horreur et d’indignation émanant du moine qui refusa, en l’état des choses, de lui donner l’absolution. Le moine venait d’apprendre par la confession de Giac que ce dernier avait pactiser avec le diable en lui vendant sa main droite en ce cas nulle absolution n’était possible tant que Giac avait cette main damnée.
 Un des deux bourreaux s’approcha de Giac et lui demanda comme le voulait l’usage si avant l’exécution de la sentence, il souhaitait qu’il lui fût rendu un dernier service. Alors Giac passa toutes ses bagues faites de pierres précieuses de sa main gauche à sa main droite et dit au bourreau que le service qu’il requérait de lui, était de lui trancher la main droite, celle là même qu’il avait vendue au diable et de garder en son endroit les bijoux qui s’y trouvaient. Devant l’hésitation de l’officiant, Giac retira la chaînette d’or qu’il portait au cou et en entourant les doigts déjà chargés des ses précieuses bagues. Le bourreau accepta d’un signe de la tête, Giac mit son avant bras droit sur le billot et le couperet tomba et trancha le membre en arrachant un cri au supplicié qui remercia le bourreau déjà préoccupé à glisser la propriété de Satan dans son escarcelle de cuir.
 Giac montrant son membre sanguinolent privé de sa partie satanique, demanda au moine de lui donner l’absolution et le baiser du condamné, ce que ce dernier fit en toute hâte, doutant qu’un tel homme, capable de ce qu’il avait fait, puisse trouver le pardon aux yeux de Dieu. Notre moine s’en alla, laissant les deux bourreaux faire leur office.
 Le lendemain on retrouva le corps du malheureux sire cousu dans un sac de cuir, gisant entre deux eaux dans le cours de l’Auron. Sur le sac était placé le panneau
 «  Laissez passer la justice du Roy »...
José Dailly